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dimanche 22 septembre 2013

Montreuil aura sa monnaie locale en novembre, la première en Ile-de-France

Les habitants de Montreuil pourront payer en «pêches»...
A partir du mois de novembre, les habitants de Montreuil (Seine-Saint Denis) pourront payer en «pêches» plutôt qu'en euros chez une trentaine de commerçants volontaires, une première expérience de monnaie locale en Ile-de-France qui donne déjà des idées à ses voisins.
«Ici on a la Pêche!», voilà le slogan qui s'affichera sur la vitrine des boutiques participantes, signalant aux Montreuillois qu'ils peuvent venir y dépenser leurs billets libellés en pêches, explique Bastien Yverneau, responsable de l'association Montreuil en Transition, à l'origine du projet.
Pour tenter l'expérience, il faudra se rendre à l'office de tourisme ou à la mairie, afin échanger ses euros contre ces billets, au graphisme réaliste et imprimés sur papier sécurisé. Le but: inciter à consommer local, chez les petits commerçants plutôt que dans les grandes chaînes, et sans passer par le circuit bancaire, donc sans «participer à la spéculation ou alimenter les paradis fiscaux», souligne Bastien Yverneau.
Un discours qui a reçu un écho favorable à la mairie de Montreuil, dirigée depuis 2008 par l'écologiste Dominique Voynet. Une subvention de 30.000 euros devrait être votée lors du prochain conseil municipal, le 26 septembre, pour aider au démarrage du projet (frais d'impression des billets, mise en place de points de change des euros en pêches, etc.).
«La question de la relocalisation de l'économie fait évidemment partie de nos principes, de nos ambitions», souligne Florence Fréry, maire adjointe au développement économique et à l'emploi.

Centres municipaux de santé

Au delà de ce soutien financier, la ville souhaite aussi être «prescripteur», explique l'élue. Les habitants pourront ainsi payer en pêches dans les centres municipaux de santé et les centres de quartier, une première pour une monnaie locale en France. Cette implication donne de l'ambition à ses créateurs, qui voient déjà la pêche en pionnière d'une monnaie alternative de dimension régionale.
Contacté par des associations du XIème arrondissement de Paris et du Val-de-Marne, Bastien Yverneau leur propose ainsi «de reprendre notre projet, clé en main, pour qu'ils n'aient pas repartir de zéro et puissent lancer la pêche en trois mois».
Si les monnaies complémentaires fleurissent en France, avec une vingtaine d'initiatives en quelques années, à Toulouse, à Romans-sur-Isère ou au Pays basque, elles restent très marginales, avec «au mieux un millier d'utilisateurs», observe Jérôme Blanc, maître de conférence en sciences-économiques à Lyon II. Mais à Montreuil, la pêche trouve «un ecosytème favorable», affirme Montreuil en Transition.
La troisième ville la plus peuplée de la banlieue parisienne, avec un peu plus de 100.000 habitants, compte en effet un tissu associatif très dense, un niveau élevé de participation citoyenne, et plusieurs commerces alternatifs emblématiques, tels que les supermarchés coopératifs des Nouveaux Robinsons. Tout se jouera dans la capacité à recruter au-delà des commerçants, à convaincre des médecins, des plombiers, ainsi que les fournisseurs des commerçants, de se laisser payer en pêches, estime Bastien Yverneau.

Réticences de certains

Pour l'instant, le projet n'en est pas là. Quelques enseignes ont déjà donné leur accord, dont la librairie Folies d'Encre, dans le centre commercial de la Croix de Chavaux, mais la majorité des commerçants rencontrés n'est pas au courant de l'initiative. Tout au plus en ont-ils entendu parler par un voisin, ou ont-ils reçu un prospectus, mais le mécanisme du projet reste flou.
Farid Aït Slimane, gérant du bar restaurant de quartier Harmony, dans le Bas-Montreuil, attend de voir pour se lancer: «Cela dépendra du succès rencontré. Je suis commerçant; si les gens jouent le jeu, je vais jouer le jeu».
De l'autre côté de la rue, au Manhattan, la pêche a moins bonne presse. «On reste à l'euro, c'est plus sûr», lâche le patron, Aissa Bouarroudj. Ses clients sont plus loquaces: «On a déjà assez de pièces dans la poche, on ne va pas jongler avec trois monnaies», s'exclame Jean.
Un scepticisme que partage Grégory Micheletti, propriétaire de quatre commerces sur la rue de Paris: «L'économie réelle, elle n'est pas locale», estime-t-il, donnant l'exemple de ses fromages, livrés en direct depuis les Cévennes et le Gers. Le projet est «rigolo» et «fera parler de Montreuil», mais à l'heure où les commerçants courent après la trésorerie et où les particuliers jonglent avec le débit différé de leur carte bleue, la pêche «ne s'adresse qu'à la population la plus aisée», conclut-il.

http://www.20minutes.fr/societe/1226127-20130922-montreuil-monnaie-locale-novembre-premiere-ile-de-france

jeudi 4 juillet 2013

Le compte low cost Nickel, une bonne nouvelle pour les « interdits bancaires »

Ils sont près de deux millions en France. Les « interdits bancaires », écartés du système et souvent aux abois, n’achètent pas leurs billets de train en ligne, ils n’ont pas de chéquier et, la plupart du temps, ne savent plus ce que c’est que retirer de l’argent à un distributeur. Ils sont fichés à la Banque de France, et cela peut durer cinq ans. Selon les associations, il existe en France au total près de cinq millions d’exclus du système bancaire.
C’est un peu pour eux qu’a été pensé le nouveau concept du compte en banques low-cost Nickel, que l’on pourra ouvrir dès cet automne dans les bureaux de tabac. Une « immense première » selon l’un des initiateurs du projet – futur président du conseil de surveillance – Hugues le Bret, ancien patron de Boursorama. La « Logan des comptes en banque » ajoute-t-il, en référence à la voiture low-cost de Renault.
Serge Maître, porte-parole de l’Afub (Association française des usagers des banques), est dubitatif sur la « révolution » que représenterait une telle innovation :
« La plupart des services proposés existent déjà au sein des banques classiques. »
A peu de choses près, cela semble être le cas (le « droit au compte » impose des obligations aux établissements bancaires). Mais différence non négligeable : cette carte devrait permettre de régler des achats sur Internet, ce qui n’est pas le cas des autres, dépourvues du code de sécurité exigé lors d’un paiement en ligne.

Un conseiller bancaire bienveillant

Pour Nicolas Bousquet, 35 ans (rencontré grâce à notre appel à témoins, comme les autres interdits bancaires de cet article), la vie d’« interdit » s’est étalée sur dix ans, de 1999 à 2009. A la suite de chèques sans provision de quelques centaines d’euros, Nicolas a été fiché à la Banque de France et privé de tout moyen de paiement. Il parvenait tout de même a gagner un peu d’argent et à garnir son compte. Mais pour le dépenser, il était contraint de se rendre au guichet.
Rapidement, un conseiller bancaire « bienveillant » du Crédit Mutuel lui a proposé une MasterCard Maestro. Cette carte de débit, qui interroge la banque à chaque paiement, lui a permis de gérer son quotidien pendant toute une décennie. Il explique :
« J’avais le droit de dépenser 300 euros par semaine. Avec beaucoup d’anticipation et une gestion rigoureuse des dépenses, il est possible de vivre sans trop sentir peser les contraintes. »
Lorsqu’il faisait ses courses, la carte interrogeait longuement sa banque avant chaque débit. Mais comme son compte était créditeur, tout se passait bien.
Dans certaines situations, les choses se compliquaient :
« Les péages et les stations-service nocturnes ne prennent pas la Maestro. Je devais dans le premier cas calculer l’argent liquide nécessaire pour tout le trajet, dans le second faire le plein avant que les derniers vendeurs ne quittent la station d’essence. »
Mais globalement, Nicolas a traversé cette décennie sans anicroche majeure. Sa banque, compréhensive, a même un jour repoussé son plafond de paiement lorsque cela s’est avéré indispensable.

« Une expérience humiliante »

Tout le monde ne vit pas une telle période avec autant de sérénité. Emilie (prénom d’emprunt), 23 ans, remonte doucement la pente.
Déstabilisée par une formation professionnelle harassante, elle a plongé dans une spirale de dépenses incontrôlées. Conséquences : fichage à la Banque de France et exclusion totale du système bancaire il y a un an.
De cette expérience « humiliante », dont elle n’est pas encore sortie, l’étudiante retient une chose principale : le manque total d’aide fournie par son banquier. A aucun moment celui-ci ne l’a informé de son droit à disposer d’un moyen de paiement, comme cela a été le cas pour Nicolas :
« Si je n’avais pas fini par la demander, je n’aurai jamais obtenu cette carte, et j’en serais toujours galérer à faire des retraits au guichet. »
La banque refuse de régulariser sa situation avant cinq ans, alors que l’étudiante est créditrice et aura bientôt un contrat de travail et sera correctement rémunérée.

Des coupons alimentaires

Alice (prénom d’emprunt), jeune Lorraine de 29 ans, subit de plein fouet la violence de sa situation. Il y a cinq mois, la CAF cesse de lui verser son RSA sans autre forme d’explication. Son compte se creuse jusqu’à atteindre un découvert abyssal (pour elle) de plus de 1 000 euros. Sa banque – le Crédit Mutuel, encore – lui signifie son fichage à la Banque de France, et lui retire carte et chéquier....................... LA SUITE SUR CE LIEN .............. http://www.rue89.com/

mercredi 3 juillet 2013

Congé parental, pensions alimentaires... Toutes les mesures pour l'égalité hommes-femmes

La ministre des droits des femmes présente mercredi en Conseil des ministres son projet de loi pour l'égalité hommes-femmes. Petit tour d'horizon des mesures qui vont de l'égalité professionnelle à la lutte contre les violences conjugales.

L'écart salarial est de 27% entre hommes et femmes, 37% des femmes seules avec enfants vivent sous le seuil de pauvreté, une femme meurt tous les 2,5 jours sous les coups de son compagnon... Voici la situation en France en 2013. Alors pour s'attaquer à cette réalité, la ministre des droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem a préparé un projet de loi qui sera présenté mercredi en conseil des ministres. Une loi-cadre qui balaye de nombreux sujets : violences conjugales, sous-représentation des femmes en politique ou encore impayés de pension alimentaire. Petit tour d'horizon des mesures proposées.
Davantage de parité en entreprise
Un renforcement des sanctions pour les entreprises qui ne respectent pas l'égalité entre hommes et femmes. Non seulement, les entreprises de plus de 50 salariés qui n'ont pas mis en place un accord ou un plan d'action sur le sujet se verront attribuer des sanctions financières de l'ordre de 1% de la masse salariale, mais elles ne pourront pas non plus se présenter à un marché public.
Une meilleure protection des collaborateurs libéraux (statut que l'on retrouve chez les avocats, médecins, vétérinaires, dentistes, architectes, etc.). Jusqu'à présent, leur contrat pouvait être rompu à tout moment et sans motivation. La nouvelle loi interdit la rupture du contrat de l'annonce de la grossesse jusqu'à huit semaines après le retour de congé maternité. De même, aucune rupture de contrat ne sera possible pendant les huit semaines qui suivront le retour d'un congé paternité.
Une vie familiale équilibrée
Les hommes incités à prendre un congé parental. Avec la réforme du congé parental, les parents d'un enfant se verront proposer six mois de congé supplémentaire (en plus des six mois prévus pour le moment dans la loi) dès lors qu'ils seront pris par le second parent. Les parents de 2 enfants continueront à bénéficier de 3 ans de congé à condition que le deuxième parent en utilise au moins 6 mois.
Une garantie contre les impayés de pension alimentaire. Cette mesure sera testée dans dix territoires pionniers avant d'être généralisée sur l'ensemble du territoire. La Caisse d'allocations familiales prendra le relais des pères qui ne paient pas de pensions alimentaires ou se déclarent insolvables grâce à l'Allocation de soutien familiale. Dans le même temps, elle accroîtra ses efforts de médiation auprès des familles, renforcera sa surveillance des revenus réels des pères et elle pourra aussi recouvrer elle-même les impayés de pensions alimentaire. 
Déblocage des sommes bloqués sur un compte épargne-temps pour des services à domicile. A titre expérimental, un nouveau cas de déblocage des sommes épargnées sur un compte épargne temps pourra être créé par accord d'entreprise afin de financer des prestations de services (garde d'enfants, ménage ou aide à domicile...) dans le cadre du chèque emploi service universel.
Lutte contre les violences conjugales.
Une amélioration de l'ordonnance de protection destinée à protéger une personne victime de violences commises par son conjoint. Tout d'abord, la norme sera l'éviction du domicile du conjoint violent et le maintien de la victime chez elle. De plus, les délais de sa délivrance sont trop longs alors qu'elle répond souvent à des situations d'urgence. Ils seront donc accélérés. Par ailleurs, les mesures prévues par cette ordonnance seront prises pour une durée de 6 mois, et non plus seulement 4 mois. 
Généralisation du téléphone "grand danger" délivré aux femmes victimes de violences conjugales. Ce téléphone leur permet de contacter très rapidement les services de police et de gendarmerie pour interpeller le conjoint violent avant qu'il ne passe à l'acte. Le téléphone comprendra également un service de géolocalisation si jamais la victime n'a pas le temps d'indiquer sa position aux forces de l'ordre. 
Création d'un stage d'éducation et de prévention contre les violences conjugales destiné aux hommes violents. L'idée est d'éviter toute récidive. 
Une meilleure définition des violences psychologiques au sein du couple. La définition du délit de harcèlement moral sera élargie aux "comportements et propos" et non plus seulement aux "agissements".
Une juste représentation des femmes
Une meilleure représentation des femmes dans les médias. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel aura désormais pour mission de veiller à ce que les femmes soient justement représentées dans les médias et à ce qu'il n'y ait pas de diffusion de stéréotypes sexistes ou d'images dégradantes pour la femme.
Sanctions aggravées pour les partis qui ne respectent pas la parité. En politique, les amendes pour les partis ne respectant pas la parité seront doublées dès 2017. 
Parité au sein des chambres de commerces. Désormais, le président de la chambre de commerce et d'industrie de région et son suppléant devront être de sexe différent. Pour les chambres d'agriculture, la parité sera instaurée à partir de 2025.